Toit plat

Évacuations, avaloirs, relevés : les points singuliers d’un toit plat

Sources vérifiées

Une toiture EPDM ne fuit presque jamais au milieu. Elle fuit là où la membrane s’arrête, change de direction ou laisse passer quelque chose. Ces endroits ont des règles précises.

  • Par EPDMax
  • Publié le 17 septembre 2026
  • 12 min de lecture
Évacuations, avaloirs, relevés : les points singuliers d’un toit plat

Une toiture en EPDM ne fuit presque jamais au milieu. Elle fuit là où la membrane s’arrête, change de direction, ou laisse passer quelque chose. Ces endroits ont un nom, les points singuliers, et ils représentent une fraction minuscule de la surface pour la quasi-totalité des sinistres.

Quatre familles, et une logique commune

Point singulierCe qui le tientL’erreur classique
RelevéContre un mur ou une costièreUn habillage collé, une fixation mécanique en tête, une bavetteS’arrêter trop bas, ou terminer sans dispositif d’écartement des eaux
RiveSur un bord libre du toitUn profilé métallique qui pince la membraneLaisser la membrane libre au vent sur quelques centimètres
ÉvacuationAu point basUne platine, soudée ou collée, que la membrane recouvreUne seule évacuation, sans trop-plein de secours
AnglePartout où deux plans se rencontrentUne pièce préformée, ou une bande formée sur placeDécouper la membrane dans l’angle au lieu de la plier
La logique est toujours la même : la membrane ne s’arrête jamais librement, elle est soit pincée, soit recouverte, soit prolongée.

Le relevé, la pièce la plus réglementée du toit

Partout où la toiture rencontre un plan vertical, mur mitoyen, acrotère, costière, souche de cheminée, l’étanchéité remonte. C’est le relevé, et c’est le seul point singulier dont la hauteur est écrite dans une norme.

  • La hauteur. Les NF DTU de la série 43 la fixent, et l’usage retient 15 cm minimum au-dessus de la protection. Cette hauteur n’est pas une marge de confort esthétique : c’est ce qui encaisse une évacuation bouchée un soir d’orage, quand le toit se met en charge pendant une heure.
  • La fixation en tête. Les Documents Techniques d’Application des procédés EPDM demandent une fixation mécanique en tête de relevé lorsque l’habillage est réalisé en bandes de membrane. Le collage seul ne suffit pas sur un plan vertical : c’est la seule partie du toit où la gravité travaille contre vous en permanence.
  • Le dispositif d’écartement des eaux. En tête de relevé, une pièce doit détourner l’eau qui ruisselle sur le mur pour qu’elle ne descende pas derrière la membrane. Bavette, couvertine, engravure ou solin : la forme varie, la présence est obligatoire, pas recommandée.

Un relevé qui s’arrête à 8 cm, collé, sans rien au-dessus, est le défaut qu’on trouve sur la moitié des toits refaits par un amateur. Il tient un an et il lâche au premier hiver.

Coupe d’un relevé de rive sur toit plat : membrane continue par-dessus la costière, profilé de tête et couvertine
La membrane ne s’arrête pas en haut de la costière : elle passe par-dessus la crête et redescend à l’extérieur, où un profilé la pince. La couvertine par-dessus n’est pas décorative, c’est le dispositif qui écarte les eaux de ruissellement, et il est obligatoire.

La rive, où la membrane rencontre le vide

Sur un bord libre, la membrane passe par-dessus la costière, redescend de quelques centimètres à l’extérieur, et se termine sous un profilé métallique qui la pince sur toute sa longueur. Deux raisons, et la seconde est la vraie.

La première est l’eau : un bord serré ne laisse pas l’eau remonter par capillarité. La seconde est le vent. Un toit plat ne s’envole pas par le milieu, il s’envole par un bord : le vent s’engouffre sous un angle décollé et retourne la membrane comme une page. C’est pour cette raison que la densité de fixation est toujours plus forte en rive et en angle qu’au centre, dans tous les procédés.

Pour aller plus loin

Les évacuations : combien, et pourquoi jamais une seule

C’est la règle la moins connue du toit plat, et celle qui évite le plus de dégâts. Les règles de l’art françaises demandent, pour une surface collectée, soit deux dispositifs d’évacuation, soit un seul à condition qu’il soit complété par un trop-plein.

La raison est simple : une évacuation unique se bouche. Une feuille, un nid, une balle de tennis, et le toit devient une piscine. Or l’eau pèse une tonne par mètre cube. Un toit de garage de 25 m² avec 10 cm d’eau porte deux tonnes et demie qu’aucune charpente de garage n’a jamais été calculée pour supporter. Le trop-plein n’est pas là pour évacuer l’eau de pluie, il est là pour dire qu’il y a un problème, et pour l’évacuer par une façade plutôt que par le plafond.

  • L’avaloir descend l’eau dans une descente verticale. Il se pose au point bas réel, celui vers lequel la pente conduit, pas au milieu géométrique du toit.
  • Le trop-plein traverse la costière ou l’acrotère et déverse en façade. Son niveau se cale quelques centimètres au-dessus de la protection, assez haut pour ne jamais couler en fonctionnement normal, assez bas pour se déclencher bien avant la charge critique.
  • La boîte à eau reçoit l’eau d’une gouttière ou d’un chéneau et la renvoie vers une descente. On la rencontre surtout en rénovation, quand la descente existante ne peut pas bouger.

Quel que soit le dispositif, la règle de montage est la même que pour un bassin : la membrane recouvre la platine de l’évacuation, elle ne s’arrête pas contre elle, et la liaison est mécanique ou collée en plein, jamais rattrapée au mastic. Le principe est détaillé dans l’article sur les traversées de membrane, qui vaut aussi en toiture.

Coupe d’un bord de toit plat : avaloir au point bas et trop-plein traversant la costière plus haut
Le trop-plein ne sert pas à évacuer la pluie, il sert à dire qu’il y a un problème. Il se cale plus haut que l’avaloir, assez pour ne jamais couler en fonctionnement normal, et assez bas pour se déclencher bien avant que le toit ne se mette en charge. Ici l’avaloir est bouché et c’est lui qui prend le relais, par la façade plutôt que par le plafond.
Liaison EPDM et métal : platine vissée puis recouverte d’une pièce de membrane qui déborde les vis, cordon de mastic tout autour
La platine tient mécaniquement, elle n’étanche rien : ce sont la pièce de recouvrement et son cordon de mastic qui ferment. Tant qu’une tête de vis reste visible, la liaison n’est pas finie, même si elle ne fuit pas encore.

La pente, qui commande tout le reste

Un toit plat n’est jamais plat. Les Documents Techniques d’Application des procédés EPDM visent des toitures de pente toujours supérieure ou égale à 1 % en travaux neufs, conformément aux NF DTU concernés. En réfection, la pente existante est évaluée selon le NF DTU 43.5.

Ce 1 % est un minimum, pas un objectif. La membrane EPDM supporte parfaitement une flaque permanente, elle ne se dégrade pas dans l’eau, c’est même son usage en bassin. Mais une flaque encrasse, fait pousser des mousses, gèle en hiver et surtout masque un désordre : on ne voit pas une poche qui se forme sous une zone qui est déjà mouillée en permanence. Si votre support est rigoureusement horizontal, la pente se rattrape avant l’étanchéité, par une forme de pente, jamais après.

Les angles, qui ne se découpent pas

À la jonction d’un relevé et de la partie courante, il y a de la matière en trop dans un angle rentrant, et pas assez dans un angle sortant. Deux solutions, et le réflexe du ciseau n’en fait pas partie.

  • Le pli. Dans un angle rentrant, l’excédent se rassemble en un pli unique qu’on couche à plat contre la paroi. La membrane reste continue, donc elle reste étanche par construction.
  • La pièce préformée ou formée sur place. Les procédés évalués prévoient des renforts d’angles rentrants et saillants réalisés au chantier avec des bandes d’EPDM semi-vulcanisé et un primaire, une matière souple qui épouse les formes, puis une confirmation au mastic compatible en bordure.

Ce que l’on ne fait jamais : découper la membrane dans l’angle pour la faire tomber à plat. Chaque coup de ciseau crée un point de départ de déchirure au moment précis où la membrane est le plus sollicitée. Le geste complet est décrit dans l’article sur les angles rentrants et sortants.

L’ordre des opérations

  1. Poser la partie courante et la laisser se détendre, en gardant partout la matière nécessaire pour remonter.
  2. Traiter les évacuations, parce qu’elles sont au point bas et qu’on ne veut pas marcher dessus ensuite.
  3. Monter les relevés, en commençant par les angles, qui sont les pièces les plus longues à former.
  4. Fixer mécaniquement en tête de chaque relevé.
  5. Poser les bavettes, couvertines et profilés de rive, qui referment l’ensemble.
  6. Contrôler, puis seulement après, poser la protection si le toit est lesté.

Le contrôle de l’avant-dernière étape mérite une heure : on bouche provisoirement l’évacuation, on met quelques centimètres d’eau, et on regarde. C’est le seul essai qui vaille, et il coûte le prix d’un tuyau d’arrosage.

Questions fréquentes

Quelle hauteur de relevé faut-il respecter ?

Les NF DTU de la série 43 fixent cette hauteur, et l’usage retient 15 cm au-dessus de la protection. Certaines configurations demandent davantage, notamment sous protection lourde où la hauteur se mesure au-dessus du niveau fini des gravillons. En cas de doute, la référence est la norme applicable au support, pas une règle générale.

Faut-il vraiment un trop-plein sur un petit garage ?

Si votre toit n’a qu’une seule évacuation, oui. C’est la règle de l’art, et c’est surtout la seule protection contre la mise en charge. Un trop-plein est un trou dans une costière avec une pièce de traversée : il coûte une heure et il évite un effondrement.

Peut-on garder l’ancienne évacuation en réfection ?

Souvent oui, à condition de reprendre entièrement la liaison avec la nouvelle membrane, avec une platine adaptée et un recouvrement en plein. Ce qu’on ne peut pas faire, c’est raccorder de l’EPDM sur une platine bitumineuse existante sans couche de séparation : le bitume attaque l’EPDM.

Comment traiter une sortie de ventilation ou une potence d’antenne ?

Comme une traversée : une pièce préformée si le diamètre le permet, sinon une pièce formée sur place en membrane semi-vulcanisée, terminée par un collier de serrage. Jamais un cordon de mastic autour du tube.

Une flaque qui reste après la pluie est-elle un défaut ?

Pour la membrane, non, elle ne craint pas l’eau stagnante. Pour la toiture, oui : c’est le signe que la pente est insuffisante ou qu’un affaissement s’est produit. Une flaque isolée se surveille, une flaque qui grandit d’année en année se traite.

Peut-on poser un relevé contre un mur en crépi ?

Pas directement. Un crépi est friable et poreux, la colle n’y prend pas durablement. Il faut dégarnir la zone jusqu’à un support dur, ou passer par une costière rapportée contre laquelle le relevé viendra, puis protéger la tête par un solin encastré dans le mur.

Combien d’évacuations pour 40 m² ?

Le nombre ne se déduit pas de la surface seule, il dépend aussi de la pluviométrie locale et du diamètre des descentes. La règle qui vaut partout reste la même : deux dispositifs, ou un plus un trop-plein. Sur 40 m², deux avaloirs opposés sont souvent plus simples qu’un seul avec un trop-plein.

Les points singuliers changent-ils selon la méthode de pose ?

Les relevés se traitent de la même façon dans les trois méthodes, toujours en adhérence, y compris sur un toit lesté ou fixé mécaniquement. Ce qui change, c’est la partie courante. Le détail des trois poses est dans l’article sur la pose de l’EPDM sur un toit plat.

Les pièces de traversée sont au rayon traversées et évacuations, les profilés de rive et les bavettes au rayon profilés et finitions. Le cadre réglementaire de tout ceci est détaillé dans l’article sur les DTU, l’avis technique et la décennale, et l’ensemble du sujet dans le guide membrane EPDM pour toit plat.

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